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Pourquoi le marché de l’occasion en Afrique pose un problème aux constructeurs ?

marche automobile de l'occasion en Afrique

Le marché de l’occasion connaît une bonne dynamique sur le marché africain. Une évolution finalement désavantageuse pour les constructeurs automobiles occidentaux et japonais, qui voit leurs ventes progresser lentement…trop lentement à leurs yeux. D’ailleurs, ces entreprises se sont regroupées pour exercer une certaine pression sur les autorités africaines afin de changer la donne .

Les importations de voiture d’occasion en Afrique, un business qui dérange

La majorité des voitures qui circulent sur le continent africain sont des équipements d’occasion, solides et réparables (cf. article Le Monde de 2007). L’Afrique, est depuis plusieurs décennies le plus grand importateur de véhicules d’occasion. La moyenne annuelle de ce type de voitures importées sur le continent est estimée entre trois et quatre millions. Ces véhicules proviennent du Japon, du Moyen-Orient et de l’Europe.

Ce dynamisme du marché de l’occasion constitue un frein majeur pour les constructeurs qui souhaitent produire sur place. De ce fait, des entreprises tels que Nissan, Toyota, Volkswagen et BMW (voir des modèles BMW d’occasion)ont décidé de faire front commun pour faire pression sur les États africains, en vue de limiter le nombre considérable de véhicules importés chaque année. Leur association AAAM (Association of African Automotive Manufacturers) a pour vocation, la promotion d’une stratégie permettant le développement du secteur automobile.

Si le continent africain dispose d’un potentiel intéressant de voitures neuves, le nombre de véhicules vendus en Afrique subsaharienne n’est estimé qu’à 420 000 en 2017. Certains constructeurs sont arrivés à la conclusion que pour étendre leurs ventes, il est impératif de réduire la part de l’occasion dans le marché, ainsi que les coûts des modèles neufs.

L’augmentation de la classe moyenne, un élément favorable au développement du secteur automobile

Alors que les importations de voitures vers l’Afrique sont de plus importantes, une augmentation de la population et du pouvoir d’achat des ménages est constaté. Ce qui indique que la situation du continent est propice au développement du marché des voitures neuves. D’après le rapport de la BAD (Banque africaine de développement) et de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique), 350 millions de personnes résidents en Afrique font partie de la classe moyenne. Des chiffres qui ne sont pas attestés par tous les chercheurs.

Toutefois, malgré ses 1,2 milliards d’habitants, le continent n’enregistre qu’une moindre part dans les ventes de voitures neuves de tourisme, soit 1 %. L’Afrique du Sud est le pays le plus actif du secteur. D’autres pays comme le Ghana, le Kenya, et le Nigeria sont ciblés par l’AAAM comme de potentiels sites de production. Certains envisagent même de faire bénéficier aux constructeurs d’une exonération fiscale sur 10 ans, mais également de supprimer les droits de douane sur les matériaux qui seront utilisés pour l’assemble en local des voitures. Le Nigeria prévoit une taxe à 70 % pour les automobiles entièrement conçus à l’étranger pour encourager la demande de production locale. Cependant, il s’agit d’un projet de loi qui n’a pas encore voté.

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