alcool au volant

La pandémie du Covid-19 qui paralyse la vie quotidienne n’a pas empêché le gouvernement de réfléchir à de nouvelles mesures plus drastiques pour lutter contre la conduite en état d’ébriété et consolider les bons résultats sur la baisse de la mortalité routière de 2019. Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner souhaiterait ainsi généraliser l’éthylotest antidémarrage à moyen terme.

1 500 éthylotests antidémarrage déjà installés

« Boire ou conduire, il faut choisir ». Si tous les conducteurs respectaient cet adage de bon sens, la mortalité routière baisserait de plus d’un tiers. Pour leur forcer la main, le gouvernement semble se diriger vers une généralisation, dans tous les départements de l’Hexagone, de l’éthylotest antidémarrage, plus connue sous le sigle EAD, en lieu et place de la sanction de retrait de points ou de permis pour les conducteurs arrêtés avec un taux d’alcoolémie compris entre 0,8 et 1,8 grammes d’alcool par litre de sang.

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Les tractations pour entériner cette décision ne datent pas d’aujourd’hui. En effet, dès septembre 2018, la loi permet aux préfets des différentes régions d’imposer au conducteur arrêté en état d’ébriété l’installation d’un éthylotest antidémarrage dans son véhicule. Ce dispositif empêche le moteur de démarrer si l’air soufflé par le conducteur montre une concentration d’alcool dans le sang dépassant la limite légale. Depuis fin 2018, seuls 1 500 dispositifs d’éthylotests antidémarrage ont été installés. On reste donc dans un échantillon négligeable, même si la mesure a manifestement permis de « réduire la récidive », selon Emmanuel Barbe, délégué à la Sécurité routière.

Vers une participation des constructeurs automobiles ?

Si le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner table sur une généralisation de cette mesure sur l’ensemble du territoire français pour les conducteurs affichant une alcoolémie supérieure à la limite légale, il reste très prudent sur le délai, car les freins ne manquent pas. En effet, cette mesure qui ne s’applique pour l’instant que sur 54 départements risque de coûter très cher, et la participation de l’Etat à l’acquisition de l’EAD et à son installation n’est pas encore connue. On estime le coût d’installation d’un EAD à environ 1 350 € en moyenne.

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Des bruits de couloir laissent entendre que l’exécutif compte faire participer les constructeurs automobiles à cet effort, en imposant la présence d’une prise permettant de brancher un EAD sur tous les véhicules neufs fabriqués à partir du 1er janvier 2022. « Pourquoi imposer cette mesure à des personnes qui ne boivent pas ou qui gèrent parfaitement leur consommation d’alcool avant de conduire ? », s’interroge-le délégué  la Sécurité routière, en réponse à une possible généralisation de la mesure à tous les conducteurs, quel que soit leur « casier ».

L’innovation, alliée de la sécurité routière ?

En France, près de 30 % des accidents mortels sont liés à une consommation excessive d’alcool. En dépit de la baisse de la vitesse maximale de circulation, de l’obligation de disposer d’un éthylotest en état de marche dans son véhicule (voir https://www.wizza.fr/ethylotest/) et des nombreuses campagnes de sensibilisation menées chaque années par le différents organismes concernés, le bilan de la mortalité routière associée à la conduite en état d’ébriété ne baisse pas. Il faut toutefois noter que l’obligation de disposer d’un éthylotest en état de marche dans son véhicule reste relativement souple.

Si la loi prévoyait une amende en cas de manquement à cette obligation, un rétropédalage de l’exécutif en 2013 l’a aussitôt annulée. Aujourd’hui, le conducteur contrôlé qui ne dispose pas d’un éthylotest fonctionnel dans son véhicule sera simplement rappelé à l’ordre. Le pouvoir coercitif de cette mesure est donc quasiment nul. C’est pourquoi des startups françaises s’intéressent de plus en plus à la plus-value de l’éthylotest pour pousser les conducteurs à s’équiper de manière volontaire. La firme Ocigo a par exemple lancé le tout premier modèle capable de vous donner avec exactitude l’heure à laquelle vous pouvez reprendre le volant si vous avez bu plus que de raison. « Vous êtes au-dessus du seuil légal. Patientez jusqu’à 22h54 avant de reprendre le volant », peut-on notamment lire sur cet éthylotest de poche. L’innovation, alliée de la sécurité routière ?

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